Les défis et les réussites des entrepreneurs autochtones

Alors que les entrepreneurs de la communauté de Kitigan Zibi Anishinabeg (KZA) au Québec se concentrent sur le démarrage d’entreprises, ils sont encouragés à avoir des vues sur le monde, pas seulement leurs communautés ou leurs réseaux traditionnels.

Pour quelques-uns d’entre eux, c’est un grand changement de mentalité. Pour la plupart, les entrepreneurs autochtones accordent davantage de valeur à la réussite collective et à la communauté qu’aux bénéfices reliés à la réalisation individuelle. Ils sont, en réalité, des entrepreneurs sociaux qui travaillent pour appuyer la communauté et agir en modèle de comportement et ils considèrent les employés et le développement économique comme une politique et une mesure de la réussite.

Les temps changent et les entrepreneurs de KZA ont des modèles qui transmettent leurs connaissances sur ce à quoi l’exploitation d’une entreprise à l’extérieur de la réserve avec les membres de la communauté.

Sunshine Quem Tenasco est une histoire à succès de KZA. Elle inspire les entrepreneurs autochtones et les encourage dans le cadre de son entreprise, Pow Wow Pitch. Sunshine a également fondé Her Braids, une entreprise qui vend des pendentifs en perles et donne des ateliers de perlage dans les écoles pour « être un accessoire du changement ». Grâce à ses ateliers avec les jeunes et son lien avec le mouvement Bleuterre de la Fondation David Suzuki, Sunshine Quem Tenasco sensibilise les jeunes et contribue à apporter de l’eau potable dans les communautés des Premières Nations.

Des obstacles systémiques à la création d’entreprise

Tous les entrepreneurs doivent surmonter des obstacles lorsqu’ils élaborent leurs concepts d’affaires, créent des plans d’affaires et tentent de trouver du financement pour leurs entreprises. Les entrepreneurs autochtones vivent des défis supplémentaires et uniques.

L’établissement d’une entreprise sur la réserve peut être influencé par la taille de la communauté et son éloignement. Toutefois, un entrepreneur autochtone qui démarre une entreprise en milieu urbain, loin de sa communauté, le fait sans le soutien de sa communauté.

Une importante contrainte structurelle est la section 89 de la Loi sur les Indiens qui interdit l’utilisation de terres sur la réserve comme lien pour obtenir du financement chez les sources de financement conventionnelles.

Le Community Economic Development Office (CEDO) de KZA travaille à surmonter cet obstacle en offrant des prêts ou des subventions aux entrepreneurs pouvant aller jusqu’à 50 000 $ pour leur projet.   De nombreuses communautés autochtones n’ont pas de telles politiques. Des infrastructures que plusieurs entrepreneurs prennent pour acquis, comme l’Internet haute vitesse, des routes fiables, des aéroports, de l’eau et de l’électricité, ne sont pas toujours une réalité. Ceci se transpose dans des difficultés à maintenir leur site Web, le marketing et le commerce en ligne, l’envoi et la réception de produits et même à avoir accès aux courriels.

Students in the Small Business Development program at Kitigan Zibi Anishinabeg.
Des étudiants engagés et enthousiastes ont posé pour une photographie avec leur professeur lors de la dernière journée du programme d’expansion des petites entreprises à Kitigan Zibi Anishinabeg.

La croissance d’entreprises autochtones grâce à la formation et aux partenariats

Selon le sondage de Sodexo Canada sur les entreprises autochtones, le nombre des entrepreneurs autochtones a passé de seulement 6 000 à 43 000 dans les années 90. Ce que cela signifie en matière de contribution totale au produit intérieur brut du Canada n’est pas clair. L’industrie du tourisme autochtone produit à elle seule une contribution de 1,4 milliard de dollars au PIB et elle emploie plus de 33 000 personnes.

Des taux de chômage élevés et des revenus faibles dans quelques communautés autochtones rendent difficile l’épargne d’assez d’argent pour démarrer une entreprise. Associé à un manque d’éducation et de compétences nécessaires pour exploiter une entreprise avec efficacité et négocier des transactions, ceci peut résulter en une incapacité et une réticence à aller de l’avant avec un concept d’affaire.

C’est là que le département de l’éducation de KZA est intervenu pour offrir régulièrement des possibilités de formation, comme le programme d’expansion de petites entreprises. Ce programme a été offert cette année en partenariat avec CÉGEP Heritage. L’équipe de la Startup jeunesse de la CEDEC a été invitée à présenter ses ateliers aux participants. La dernière journée, des étudiants ont présenté leurs plans d’affaires pour des concepts allant de services de nettoyage mobiles aux serres organiques en passant par l’enregistrement de musique ou de spectacle.

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